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PART 2/2 : APRES LA PLUIE LE BEAU TEMPS
Les bons moments ont finalement une fin. La pluie d’étoiles se transforme en pluie tout court. Que dis-je, en tempête. En quelques minutes, un vent violent se lève suivi de fortes pluies… La nuit à la belle étoile sera plus courte que prévu. Je me réfugie dans ma tente (enfin le garde-manger) pour éviter que le tout s’envole. Déjà des objets divers et variés sont projetés de toutes parts. La tente tangue dangereusement, la pluie rentre… De l’intérieur, trempé, essayant de protéger mon sac du mieux que je peux, je me pose les pires questions. Est-ce un ouragan ? La tente va-t-elle tenir ? Est-ce que je ne vais pas m’envoler avec ? Alors que je pense que le reste de l’équipe est toujours à mes côtés, essayant comme moi de maintenir la tente sur le sol, je m’aperçois que je ne suis plus que tout seul avec Boniface, qui occupe la tente d’à côté !!! Les autres ont levé le camp depuis des lustres ! Au petit matin, lors d’une courte accalmie, je passe la tête dehors et prends la direction du restaurant délabré de l’hôtel qui ressemble finalement à un camp de réfugiés avec des faux airs de l’hôtel de « Shining ». Toit percé, affaires éparpillées partout, sol détrempé …. Nos plans sur la comète de racheter l’endroit, de le rénover, s’évanouissent presque d’un coup !
Après un petit déjeuner réparateur à base de chapatis trop gras et de poisson froid (si si), une accalmie nous permet de partir en balade le long de la plage. Le bord du lac est peuplé d’une faune très riche qui vole dans le ciel toujours très chargé : flamants roses, goélands, hérons, grues, j’en passe et des meilleurs (enfin je dis ça car je connais pas leur petit nom !).
Une partie de l'équipe PSF :
Le temps se dégage enfin et le soleil apparait, de plus en plus fort. Nous poursuivons la balade à l’intérieur de l’île : sable, palmiers et villages formés de tukuls sommaires mais qui bizarrement résistent sans problème aux tempêtes. Y-sont-forts-ces-Turkanas.
Au fur et à mesure de notre avancée, le groupe de turkanas qui nous accompagne s’allonge sans cesse, et c’est l’occasion de mini-partie de foot avec une balle en reste de fil de coton tressé, de danses et de chants endiablées avec les gosses…. Ah décidément, ce coin a vraiment des airs de paradis !
PART 1 : LE CALME AVANT LA TEMPETE…
« PSF fait du camping » : tout un programme ! Nous, mes collègues et néanmoins amis et moi-même, profitons du week-end pascal prolongé pour nous changer les idées au bord du Lac Turkana, au nord du Kenya, pas très loin de notre base de Lokichoggio. Nous partons donc de bonne heure et de bonne humeur à travers les paysages arides, ponctués de quelques chameaux, termitières géantes et collines escarpées.
Après 5 heures de route, le lac enfin… qui finalement avec les vagues qui bercent son rivage fait plus penser à une mer. Les Turkanas s’affairent à l’élevage et à la pêche, revenu vital dans ce coin du Kenya particulièrement touché par les problèmes alimentaires et la pauvreté. Nous profitons de la traversée du premier groupe vers notre presqu’île pour essayer de mettre une branlée aux dames, aux jeunes locaux à l’ombre d’une cahute (enfin non, se faire mettre une branlée est plus appropriée) et explorer les environs. Déjà, les enfants turkanas nous entourent et la magie de l’écran digital des appareils photos réapparait.
Après deux heures d’attente et... début d’angoisse (le bateau ne revenant pas de cette mer agitée), nous traversons ce bout de lac pour arriver dans un petit coin de paradis. Une lagune, un hôtel quelque peu délabré mais plein de charme, une vue de dingue, perche du Nil de 26kg acheté pour peanuts… Après le rush de la montée de nos tentes, nous nous précipitons dans l’eau brûlante, bientôt suivis par quelques douzaines de jeunes Turkanas intrigués par ces blancs becs débarquant de nulle part. Le coin, tout en étant paradisiaque, reste finalement peu accessible. Un paradis sauvage et typique tout simplement, où le tourisme n’a pas anéanti la vie paisible et traditionnelle des Turkanas. Tout ce que j’aime. Apéritif de bières surchauffées dans le lac, coucher de soleil magnifique, soirée à la bougie, pleine lune, nuit à la belle étoile sous une voie lactée particulièrement incroyable ce soir, en écoutant Beirut en boucle…
Accompagné de mon Giant, certes poussiéreux et grinçant mais toujours d’attaque, je repars à la conquête de la vallée du Rift, autour cette fois du Lac Naivasha. Les serres qui s’allongent à l’infini pour fournir le marché européen de fleurs épanouies par ce climat propice à prix défiant toute concurrence, les oiseaux innombrables, les papyrus géants sur les berges, des abeilles qui butinent, les aigles qui pèchent, le marché local, les chapatis et le poisson frit. La douceur de vivre en résumé.
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Soudain, en promenade méritée au milieu du lac, ce dernier se transforme d'un coup d'un seul en une masse bleue pure qui s'étend à l'infini. En quelques secondes, je me retrouve à des milliers de kilomètres d'ici, au milieu du Lac Titicaca. La même pureté, le même bleu éclatant. ! Que lindo !
Je poursuis mon chemin plus à l'intérieur des terres, où l'on retrouve l'Afrique des cartes postales, les girafes et les zèbres qui se baladent au bord de la route, les paysages grillés sous le soleil de plomb.... et les flamants roses venus migrer ici pour quelques mois avant de reprendre le chemin de Nakuru.
Enfin, le repos du guerrier de la fin de journée : un bar, une Tusker, un bouquin, le soleil qui se couche...et un hippo qui sort de l'eau pour paître tranquillement. Incroyable, à quelques mètres du bar !
Il est déjà l'heure de prendre le matatu pour Nakuru...
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