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PART 2/2 : APRES LA PLUIE LE BEAU TEMPS
Les bons moments ont finalement une fin. La pluie d’étoiles se transforme en pluie tout court. Que dis-je, en tempête. En quelques minutes, un vent violent se lève suivi de fortes pluies… La nuit à la belle étoile sera plus courte que prévu. Je me réfugie dans ma tente (enfin le garde-manger) pour éviter que le tout s’envole. Déjà des objets divers et variés sont projetés de toutes parts. La tente tangue dangereusement, la pluie rentre… De l’intérieur, trempé, essayant de protéger mon sac du mieux que je peux, je me pose les pires questions. Est-ce un ouragan ? La tente va-t-elle tenir ? Est-ce que je ne vais pas m’envoler avec ? Alors que je pense que le reste de l’équipe est toujours à mes côtés, essayant comme moi de maintenir la tente sur le sol, je m’aperçois que je ne suis plus que tout seul avec Boniface, qui occupe la tente d’à côté !!! Les autres ont levé le camp depuis des lustres ! Au petit matin, lors d’une courte accalmie, je passe la tête dehors et prends la direction du restaurant délabré de l’hôtel qui ressemble finalement à un camp de réfugiés avec des faux airs de l’hôtel de « Shining ». Toit percé, affaires éparpillées partout, sol détrempé …. Nos plans sur la comète de racheter l’endroit, de le rénover, s’évanouissent presque d’un coup !
Après un petit déjeuner réparateur à base de chapatis trop gras et de poisson froid (si si), une accalmie nous permet de partir en balade le long de la plage. Le bord du lac est peuplé d’une faune très riche qui vole dans le ciel toujours très chargé : flamants roses, goélands, hérons, grues, j’en passe et des meilleurs (enfin je dis ça car je connais pas leur petit nom !).
Une partie de l'équipe PSF :
Le temps se dégage enfin et le soleil apparait, de plus en plus fort. Nous poursuivons la balade à l’intérieur de l’île : sable, palmiers et villages formés de tukuls sommaires mais qui bizarrement résistent sans problème aux tempêtes. Y-sont-forts-ces-Turkanas.
Au fur et à mesure de notre avancée, le groupe de turkanas qui nous accompagne s’allonge sans cesse, et c’est l’occasion de mini-partie de foot avec une balle en reste de fil de coton tressé, de danses et de chants endiablées avec les gosses…. Ah décidément, ce coin a vraiment des airs de paradis !
PART 1 : LE CALME AVANT LA TEMPETE…
« PSF fait du camping » : tout un programme ! Nous, mes collègues et néanmoins amis et moi-même, profitons du week-end pascal prolongé pour nous changer les idées au bord du Lac Turkana, au nord du Kenya, pas très loin de notre base de Lokichoggio. Nous partons donc de bonne heure et de bonne humeur à travers les paysages arides, ponctués de quelques chameaux, termitières géantes et collines escarpées.
Après 5 heures de route, le lac enfin… qui finalement avec les vagues qui bercent son rivage fait plus penser à une mer. Les Turkanas s’affairent à l’élevage et à la pêche, revenu vital dans ce coin du Kenya particulièrement touché par les problèmes alimentaires et la pauvreté. Nous profitons de la traversée du premier groupe vers notre presqu’île pour essayer de mettre une branlée aux dames, aux jeunes locaux à l’ombre d’une cahute (enfin non, se faire mettre une branlée est plus appropriée) et explorer les environs. Déjà, les enfants turkanas nous entourent et la magie de l’écran digital des appareils photos réapparait.
Après deux heures d’attente et... début d’angoisse (le bateau ne revenant pas de cette mer agitée), nous traversons ce bout de lac pour arriver dans un petit coin de paradis. Une lagune, un hôtel quelque peu délabré mais plein de charme, une vue de dingue, perche du Nil de 26kg acheté pour peanuts… Après le rush de la montée de nos tentes, nous nous précipitons dans l’eau brûlante, bientôt suivis par quelques douzaines de jeunes Turkanas intrigués par ces blancs becs débarquant de nulle part. Le coin, tout en étant paradisiaque, reste finalement peu accessible. Un paradis sauvage et typique tout simplement, où le tourisme n’a pas anéanti la vie paisible et traditionnelle des Turkanas. Tout ce que j’aime. Apéritif de bières surchauffées dans le lac, coucher de soleil magnifique, soirée à la bougie, pleine lune, nuit à la belle étoile sous une voie lactée particulièrement incroyable ce soir, en écoutant Beirut en boucle…
Je reprends un matatu pour monter plus au sud tout en descendant dans la vallée du Rift si vous me suivez. Nakuru : tout le monde descend. Ca fait des années et des années que je veux visiter ce parc national, en fait depuis ma première venue au Kenya. Le lendemain matin, alors que le soleil n’a pas encore montré le bout de son nez, j’embarque pour un safari au cœur du Nakuru National Park. Les flamants sont malheureusement absents (en migration) ce qui me fait une bonne excuse pour revenir plus tard ! Tour photographique, let’s go :
Le lendemain, je pars grimper le volcan proche de Nakuru. Une longue randonnée de cinq heures de transpiration sous le soleil de plomb pour arriver à une vue splendide sur les coulées de lave noirâtre, les couleurs d’ocre et de vert, le cratère immense, la vue à l’infini et les aigles planant…
Ici comme dans tout le Kenya, Obama est une star… Les T-shirts sont souvent les plus dignes objets de « culte », mais au hasard d’une balade, je tombe sur un chauffeur à vélo (moyen de transport en pleine croissance depuis les émeutes postélectorales de 2008, chômage oblige…), dont le vélo sera collector dans quelques années ! Enorme !!
Fin des vacances. Matatu pour Nairobi, avion pour Juba : retour au travail…
Accompagné de mon Giant, certes poussiéreux et grinçant mais toujours d’attaque, je repars à la conquête de la vallée du Rift, autour cette fois du Lac Naivasha. Les serres qui s’allongent à l’infini pour fournir le marché européen de fleurs épanouies par ce climat propice à prix défiant toute concurrence, les oiseaux innombrables, les papyrus géants sur les berges, des abeilles qui butinent, les aigles qui pèchent, le marché local, les chapatis et le poisson frit. La douceur de vivre en résumé.
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Soudain, en promenade méritée au milieu du lac, ce dernier se transforme d'un coup d'un seul en une masse bleue pure qui s'étend à l'infini. En quelques secondes, je me retrouve à des milliers de kilomètres d'ici, au milieu du Lac Titicaca. La même pureté, le même bleu éclatant. ! Que lindo !
Je poursuis mon chemin plus à l'intérieur des terres, où l'on retrouve l'Afrique des cartes postales, les girafes et les zèbres qui se baladent au bord de la route, les paysages grillés sous le soleil de plomb.... et les flamants roses venus migrer ici pour quelques mois avant de reprendre le chemin de Nakuru.
Enfin, le repos du guerrier de la fin de journée : un bar, une Tusker, un bouquin, le soleil qui se couche...et un hippo qui sort de l'eau pour paître tranquillement. Incroyable, à quelques mètres du bar !
Il est déjà l'heure de prendre le matatu pour Nakuru...
Next note : Nakuru
Afrique, Kenya, la Vallée du Rift, un des berceaux de l’Humanité… Et Hell’s Gate : la porte de l’enfer… Tout un programme ! J’enfourche mon VTT Giant grinçant et débute mon exploration de ce parc national à coup de pédales. Un des parcs nationaux au Kenya où l'on peut affronter la savane sur une petite reine.
L’endroit est complètement désert. L’Afrique, mon vélo, les animaux, les canyons et moi… C’est tout… pour mon plus grand bonheur.
La montagne fume de toute part, signe de l'activité volcanique de la vallée du Rift. Des geysers pullulent et crachent les vapeurs des entrailles de la terre.
Alors est-ce une bonne idée d’avoir voulu parcourir ce parc à vélo ?? La question se pose. Au bout d’une demi-heure, je me retrouve à grimper des collines sans fin les roues enfoncées dans le sable et la latérite poudreuse. Dur dur… Je ne compte même plus les montées et descentes de vélo, trempé de sueur et couvert de poussière rouge. Les zèbres semblent me prendre pour un fou avec les airs ahuris. En ne prenant pas le chemin classique court et simple, j’ai décuplé la difficulté mais un peu surestimé ma condition physique : Les milliers de kilomètres à vélo d’Asie du Sud-Est sont très loin ! Mais quels paysages ! No regret…
A midi, je me pose épuisé sous un arbre près d’un camp… Surgit alors une masse énorme et poilue qui fonce vers moi… Les rangers situés pas très loin du camp courent et crient. Je prends au départ la bête pour un ours, c’est dire mes connaissances animalières !! La bête, à un mètre de moi, prend mon sac (qui contient absolument tout, de mon passeport à mon appareil photo) et commence à faire quelques pas pour se faire la malle. Heureusement, le rangers arrive à temps et, à coup de bâton, fait lâcher prise. Un babouin mâle adulte ! Belle bête ! J’imagine déjà ma déclaration de vol au poste de police de Naivasha : « Soupçonnez-vous quelqu’un pour le vol de votre sac ? », « Oui, oui, l’individu est très poilu, pousse des cris bizarres et vit dans le canyon de Hell’s Gate ! ».
Gazelles de Thompson, impalas, antilopes diverses et variées, zèbres, girafes, phacochères, buffles. Les rencontres avec les habitants des lieux se déroulent au milieu des canyons du parc. La présence des buffles au milieu de la route n’est pas rassurante : Seul, je ne connais rien de ces monstres. J’y vais, j’y vais pas. Je finis par me lancer, la peur au ventre de ma faire charger. Ouf, ça passe.
L’ambiance de fin d’après midi est bien particulière… Derrière moi, le soleil commence sa descente… Devant moi, l’orage gronde et le ciel est ténébreux… Hell’s Gate : je comprends enfin…
Next note : Naivasha Lake, Kenya
5 h 15 du matin : le réveil est dur mais il est déjà temps de quitter Watamu pour faire route vers le nord, direction Lamu. Un matatu nous emmène jusqu'à Lamlindi où nous prenons un bus pour Lamu. 4 heures théoriques... En réalité beaucoup plus. Le macadam de la première partie permet de récuperer les quelques heures de sommeil perdues. Puis, la tension monte, le bus se remplit, la route devient piste... Les check-points se succèdent, les militaires protègent le bus... La Somalie et son Etat de non droit n'est pas loin, les clans et les milices sont présents... Le chauffeur de bus n'est pas non plus très rassurant en conduisant presque sur le bas-côté, le bus dérape, se redresse... 5 heures plus tard, on nous dit que ce n'est plus très loin. Tout est relatif. 2 heures après, nous arrivons à l'embarcadère qui nous emmène sur l'île de Lamu.
Lamu fût un des berceaux de la culture swahilie. Bien située pour faire des échanges commerciaux, l'île fut également un des centres majeurs de la traite négrière de l'Afrique de l'Est.
Lamu est paisible. Ici les voitures sont inexistantes, les transports de marchandises sont faits par des ânes surchargés. Les enfants semblent heureux sur leur île.
Le passé riche et tourmenté a laissé une architecture variée et charmante. Il suffit de lever les yeux, de tourner la tête pour trouver des trésors : Les murs coralliens, solides, ont traversé les siècles et sont aujourd'hui rénovés dans les quartiers touristiques. Ajoutez à cela quelques fleurs, du calme... respirez l'air de la mer... écoutez le muezzin à la mosquée... et vous y êtes :
un bateau - baleine :
Toujours mes fleurs de frangipaniers
Et les étales de fruits et légumes dans les ruelles :
Un petit tour sur le marché :
Lamu, c'est bien sûr aussi la mer. Les arabes ont importé ici la navigation sur les boutres, qui sont encore utilisés aujourd'hui. La construction est uniquement en bois... sans une seule pointe à l'horizon. Challenge !
Petite balade sur l'île voisine de Manta Island:
En se baladant dans les rues de la ville, nous nous sommes faits invités à une cérémonie de mariage qui s'appelle la "Stick dacning", la danse du bâton en traduction littérale. Pas moyen de rate ça :
Après les préparatifs sur un terrain vague de l'île embelli pour l'occasion, les familles arrivent. Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Lamu est "Islam sinon rien". Les musiciens arrivent, armés de leur instruments traditionnels. Bientôt deux hommes apparaissent sur la piste, la foule les encourage, ils se battent à grand coup de bâton, puis se remplacent et ainsi de suite... jusqu'au tour du marié qui doit exprimer sa forme en se battant contre les officiels (beau-père ?).
Petite mais déjà coquette.
Les vieux refont le match
Ah oui, j'ai oublié de vous parler de la cuisine swahilie. Hummmmmmm. Du poisson, des fruits de mer, du lait de coco, des tomates, des épices... on mélange le tout et on obtient des curries swahilies succulents. Et si vous allez à Lamu, vous rencontrerez cet homme, Ali Hippy. On a tenté l'expérience d'aller manger chez lui (moyennant finance of course). Sympa mais sans plus, à faire quand même pour sa prestation "Charlie Oleg style" à l'orgue Bontempi !!
Alors, Lamu, petit paradis ? Après une grande discussion avec mon pote l'âne qui était carrément dans la maison, oui, je confirme, Lamu est un petit paradis à préserver.
Mais les vacances sont déjà finies. Il est temps de rentrer à Nairobi... après un lointain survol du Kilimandjaro au coucher de soleil :
Samedi : 19 h. Nairobi. La tempête après le calme. Samedi : 23 h. Crise de paludisme. Et merdeeeeeeeee.
Next note : Malakal, Sud Soudan.
PS : La pensée du jour pour les anglophones :
Direction Watamu, petit village balnéaire à quelques heures de matatus de Mombassa. Les matatus sont ces camionnettes aménagées en minibus. Pas franchement confortables sans être totalement inconfortables, c’est LE moyen de transport du Kenya. Les inscriptions religieuses (« God is the father » ou autres inscriptions de ce type) poussent à la prière. Eh oui, pour prendre un matatu, il faut parfois avoir la foi…. Et surtout ne pas regarder de trop près la route (et les voitures en face) pour ne pas risquer un accident cardiaque. La route est pour eux un terrain de jeu : pourquoi passer à seulement deux voitures quand on peu passer à trois. Bref, deux heures plus tard et quelques petites frayeurs, nous arrivons à Watamu.
« Akuna Matata ». « Pole Pole ». Les villageois ont bien appris leur leçon. Ici pas de problème (Akuna Matata) et la vie est tranquille et paisible (Pole Pole). OK, ça nous va. Après avoir poser nos affaires, on se rue sur le Blue Lagoon, une des plages de Watamu. Bonne surprise, les touristes n’ont pas eu la même idée que nous, sans doute attirés par la grande sœur Malindi et ses hôtels de luxe et casinos plus vraiment typiques. Après une petite trempette dans l’eau presque trop chaude pour être rafraîchissante (j’exagère à peine…), les premiers beach-boys et les enfants commencent à taper la causette.
Ici, j’avais envie de faire de la plongée dans le parc corallien, mais les prix trop élevés m’en dissuadent. On se contentera de snorkelling. En revenant, Mathilde a la bonne idée de perdre son portable… Et pas à l’endroit le plus simple à trouver : la longue plage à marée basse recouverte partiellement d’algues !! Le retrouver est assez challengeant : le téléphone étant encore allumé, notre stratégie est de l’appeler pour le repérer sur la plage. Simple me direz-vous ? Sauf que nous n’avons pas le numéro dudit portable. Acheter une carte, emprunter un portable, appeler la France, trouver un crayon, noter le numéro… Bientôt c’est le mini-attroupement. Sympa ( ?), les locaux veulent nous aider. On se dirige sur la plage. On aperçoit le téléphone qui sonne au loin. On se précipite, la victoire est proche… Et pourtant… nous ne le retrouverons jamais… On soupçonne nos « amis » de nous avoir joué un drôle de tour. On se casse, un peu aigris.
Après une nuit de sommeil, quelques fruits et c’est l’heure d’aller enfin voir les poissons. Quand on pense au Kenya, l’inconscient collectif n’est pas aux plages de sable fin mais plutôt aux safaris dans les grands parcs nationaux. Et pourtant, l’endroit est absolument superbe. Près de la barrière de corail, eau transparente comme jamais, plage au loin, pieuvres qui viennent nous rendre visite. Un petit paradis.
Aujourd’hui, nous louons (après une négociation longue et acharnée !) des vélos pour explorer la région malgré le soleil brûlant. Direction les ruines de Gede à quelques kilomètres de Watamu. Ici, les enfants prennent tous les blancs pour des Italiens, et on ne compte plus les « ciao » des écoliers en uniforme sur le bord des routes. Les ruines de Gede sont le plus grand site historique de la côte. Cette ville typique swahilie construite à partir du XIII ème siècle a eu un rayonnement important sur la région. La richesse du site témoigne des échanges importants : porcelaine de Chine, plats vénitiens… Le site est d’un calme absolu. Malgré l’heure avancée de la matinée, nous sommes les seuls visiteurs, les touristes préfèrent sûrement parfaire leur bronzage sur les plages. Tant mieux pour nous. Pendant trois siècles le site a été abandonné par l’homme, et la nature a repris ses droits. L’ambiance des temples d’Angkor réapparaît. Les baobabs, immenses mais petits pour l’espèce, ont envahi les ruines.
Après un arrêt dans un boui-boui de la ville de Gede à déguster les spécialités kenyanes (dont le peu goûtu Ugali, les Kenyans aiment, le reste du monde moins), nous reprenons nos vélos pour nous balader dans la mangrove qui entoure Mida Creek. Une immensité vide… Et puis soudain, le temps de se rafraîchir, l’eau a avancé de plusieurs centaines de mètres. La balade dans la crique à vélo tombe à l’eau, c’est le cas de le dire. Les défenseurs du Mont St Michel n’ont qu’à bien se tenir, ils ont ici un concurrent sérieux en matière de monter rapide des eaux. Le cheval au galop pourrait laisser la place à une autruche en pleine course.
Watamu est meurtri… Meurtri par la fermeture du plus grand hôtel du village qui employait bon nombre d’habitants et faisait survivre une partie du village. 3 incendies en quelques années… C’est louche, très louche. Une sorte de meurtre camouflée en suicide. Les habitants sont certains de l’implication des Italiens dans l’affaire, car ils veulent tout posséder ici. Les Italiens sont détestés ici. Les constructions détruisent le patrimoine magnifique du village, sans doute que quelques liasses de dollars bien placés ont aidé le développement d’un tourisme de masse, anarchique, peu respectueux de l’environnement et qui bénéficie trop peu à la communauté locale…
De Watamu, je ne sais que dire : je reste finalement un peu sur ma faim, surtout après les contacts bizarres, parfois sincères, parfois intéressés, avec la population. Mais le site reste néanmoins superbe… Un endroit à revenir en deuxième semaine.
Next note : Lamu.
Après deux mois passés dans les coins peu (pas ?!) occidentalisés de Juba et de Lokichoggio, l’arrivée à Nairobi est un petit bonheur. Des magasins, des supermarchés, des rues en bonne et du forme, des vrais bâtiments, une vraie maison pour dormir… C’est l’heure des vacances. Après deux mois… Cela vous semblera peut-être un peu court pour certains, mais vivre à Juba n’est pas finalement de tout repos : cadre sécuritaire stricte, peu de possibilités de faire du sport ou de se défouler ailleurs que dans les bars d’expat’. Donc quelques jours sur la côte kenyane à prendre le grand air sont plutôt nécessaires. Et retrouver mon sac à dos est également un petit bonheur, mon fidèle compagnon de route que je n’avais peu repris depuis le 1er mai…
Gare de Nairobi : vendredi soir. Mathilde, ma collègue administratrice, et moi, rentrons dans le train, certes peu rapide mais confortable (fini les « hard sleeps » vietnamiens ou indiens !) qui relie la capitale kenyane à Mombassa, sur la côte bordant l’océan Indien.
Le lendemain matin, au rythme lent des craquements sur les rails, le train arrive en gare de Mombassa. La douceur climatique de Nairobi laisse la place à la chaleur tropicale de Mombassa. Comme dit l’autre, ça sent les vacances. Une coupe de cheveux (pas trop raté) plus tard, nous partons explorer la vieille ville sous les « Jambo ! » (bonjour en swahili) des gens. On commence à apprécier Mombassa et son côté relax. De la musique, des sourires… Le contraste avec le Sud-Soudan parfois austère est saisissant.
La côte kenyane a été marquée par d’importants flux commerciaux en provenance d’Inde, du Moyen-Orient, de Perse, du Portugal. Mais, plus terrible, tel l’île de Gorée de l’Est Africain, cette région a été le lieu de trafics d’esclaves africains importants. Du commerce des hommes et des marchandises et du mélange des populations résultant s’est construit une société à part : la culture swahilie. Africaine mais pas vraiment, Arabe mais pas que, Indienne un peu, Portugaise un chouia : un mélange des genres assez fascinant. Du coup, dans la vieille ville de Mombassa, on se sent plus vraiment en Afrique Noire. Les faciès et les traits de la population changent des terres kenyanes, les peaux s’éclaircissent. La vieille ville est musulmane, difficile de ne pas s’en apercevoir. Entre les femmes voilées, les mosquées omniprésentes et les appels du muezzin… Les bâtiments sont arabes, avec une touche de sculptures indiennes, le thé est laiteux et épicé, la cuisine est faite de savoureux byrianis et de pilau, les portes de bois sont magnifiquement sculptées dans différents styles : Zanzibar, Lamu, Ou suis-je ?
Nous continuons notre visite par le fort, construit par les Portugais en 1593, et qui longe l‘océan, La construction en pierre de corail recouverte de chaux rougeoyante a permis une très bonne conservation du site malgré son âge avancé.
Une dernière promenade histoire de croiser le chemin de ces fillettes et nous rentrons à la guesthouse par la ville nouvelle. L’ambiance change : plus crispée, plus de bruit, plus de trafic de ces « matatus » un peu fous ... La douceur nonchalante de la vieille ville est finalement le must de Mombassa.
Mombassa a une réputation pour être LA ville au Kenya où il faut sortir, alors sortons sacrebleu. Une bonne soirée au Casablanca, à bouger son corps sur « Anita » parmi les kenyans surchauffés. « Anita », bientôt sur vos meilleures platines !
Mombassa, la swahilie : une bonne surprise…
Next note : Watamu.
A l'arrivée à l'aéroport, les entrepôts défilent, presque tous abandonnés par les ONGs ou les agences des Nations Unies qui ont été transférées au Sud Soudan après les accords de paix entre le Soudan et les territoires du sud du pays en 2005. Un peu glauque. Certains avions défoncés pourrissent sur le minuscule aéroport.
Même si les humanitaires ont massivement quitté la région, les Turkanas, tribus du nord du Kenya, sont sur leurs terres et survivent dans cette région loin de tout. Les Turkanas sont des éleveurs depuis des générations. L'activité "principale" (enfin j'exagère un peu...) selon les dires de mes collègues kenyans, est de se chiper les animaux entre les Turkanas et leurs ennemis de toujours, une tribu soudanaise, vivant reclue dans les montagnes voisines.
Une réjouissance à Loki : le coucher de soleil qui, ce soir-là, était très photogénique.
Pour les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics locaux et écolos...
Vihiers – Angers – Paris – Londres – Nairobi : l’excitation du voyage est belle et bien présente ! Le visa Kenyan en poche, je me rends au bureau PSF (Pharmaciens Sans Frontières) de Nairobi que je retrouve 5 années après. Et première bonne nouvelle d’entrée de jeu : demain c’est opération mariage massaï !
En effet, un couple de Kenyans travaillant pour PSF se marie traditionnellement non loin de Kajiado, dans le sud du pays. Nous prenons les voitures et nous partons à travers la savane assoiffée vers le lieu du mariage par des pistes poussiéreuses et trouées. Trouver l’endroit sans l’aide d’un kenyan eut été une mission impossible en raison des multiples croisements, intersections. Heureusement, le cousin du marié nous accompagne. Nous arrivons enfin après 3 bonnes heures de route et de secousses et sommes accueillis comme des princes par les parents et la famille, qui nous réservent les meilleures places dans la maison (ce qui n’est pas sans nous rendre mal à l’aise…). Les mariés n’étant pas encore arrivés, nous nous rendons vers un point du vue sur la savane à perte de vue, parfait pour prendre une photo d’une partie de la famille PSF.
Les massaïs commencent à se regrouper pour le mariage. La cérémonie commence. Les femmes, aux habits flamboyants, entament des chants et des danses pour faire venir les mariés qui arrivent enfin, vêtus également des tissus et bijoux traditionnels.
La fête se poursuit par un repas de chèvre coriace, de riz, de bière locale et d’un alcool mélangeant herbes et mile (bon mais il faut filtrer avec les dents !). Il est malheureusement déjà l’heure de partir avant la nuit. Nous laissons quelques Kenyans, les yeux vitreux, déjà bien attaqués par l’abus d’alcool !
Sur le chemin du retour, nous apercevons nos premiers impalas tandis que le soleil se couche sur le bush.
Wahouuu… Quelle expérience rare et authentique, loin des shows massaïs pour touristes.
Retour à Nairobi : ses gratte-ciels, ses maisons gardées et clôturées en raison de la délinquance, son trafic routier intense. Ma première visite il y a 5 ans m’avait laissé un peu sur ma faim, j’espère qu’en passant un peu plus de temps ici, j’apprécierai ses bons cotés.
Aéroport à nouveau : maintenant, adieu les avions des grandes compagnies et bonjour les petits coucous africains qui pourraient avoir les mêmes slogans que les cars Audouard (tu sais quand tu pars tu sais pas quand tu arrives – private joke) et départ pour Lokichokkio, à l’extrême nord du Kenya.
Que faire à Loki ? Euh, à part le boulot, il n’y a pas grand-chose à faire ici. La ville a des airs de no man’s land. Ancienne base arrière des ONGs travaillant au Soudan, ces dernières ont presque toutes pris le chemin de Juba et ont laissé une ville presque abandonnée. Les Turkanas, tribus du Nord, passent de temps en temps dans les rues et sont reconnaissables à leur crête sur la tête (les punks n’ont rien inventé c’est bien connu !). Une journée pour découvrir les activités PSF, rencontrer quelques collègues, dormir dans les huttes traditionnelles mais améliorées et nous (Yannic, le chef de mission qui m’accompagne et moi) continuons notre chemin vers Juba, au Sud Soudan… Finale destination.
A suivre… Mais ces quelques moments au Kenya m’ont d’ores et déjà emballé.