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Ah ! le Cambodge et ses contrastes... Nous avons été séduits dès les premiers tours de pédales par la gentillesse, l'accueil et la curiosité des habitants, notamment dans les campagnes. Le Cambodge se remet doucement de sa triste histoire... L'aide internationale est très présente, souvent mal répartie (un flot d'ONGs à Angkor... et pas grand chose dans les campagnes perdues...)
Les tops :
- Le charme sauvage de Bamboo Island
- La magie et la grandeur des temples d'Angkor
- Les rencontres le long du chemin, notamment notre papi francophile sur les bord du Mékong
Les flops :
- La vente difficile de nos Moptachie qui nous manque déjà...
La couisine !
Alors là, le choix est facile : mon plat préféré est le poisson façon amok, un poisson cuit dans une feuille de bananier et cuit dans du lait de coco accompagné de savoureuses épices... Un régal que l'on sait désormais cuisiner grâce à nos cours de cuisine ! Quant au dessert, la salade de fruits glacée des petites échoppes des marchés est un must encore peu connu : des fruits, de la glace pilée, du lait de coco, du lait concentré sucré... Yummy yummy !!
Et comment ça va dans la tête du Chintow ??
La fin du périple de 4 mois en Asie du Sud-Est : une autre page se tourne. Une autre s'ouvre avec le Népal, puis l'Inde. Le voyage à vélo m'a encore une fois enchanté et a été récompensé par les rencontres au bord des routes. La fin du voyage arrive à grand pas, même si c'est dans un mois et demi, et c'est un drôle de sentiment quand cela fait 10 mois que l'on bourlingue à travers le monde. Mais il ne faut pas trop y penser...
De Siem Reap, la ville des temples d'Angkor, nous nous rendons à Battambang, la deuxième ville du pays. Nous traversons donc en bateau le plus grand lac du pays, le Tonle Sap, qui a la particularité de se remplir quand le Mékong est en crue lors de la mousson. Le lac et les rivières avoisinantes sont peuplés de villages flottants.
Sans jeu de mot encore un rêve qui se réalise : voir Angkor de mes propres yeux... Allez ! sans trop de commentaires, je vous laisse avec ces nombreuses photos (difficile de faire le tri) des temples d'Angkor. Angkor est le joyau du Cambodge et également la fierté nationale. Il représente la période faste du Cambodge où le royaume empiétait sur ses voisins siamois et vietnamiens. Après la visite on comprend mieux pourquoi. Les temples consacrent, une fois de plus, la démesure des rois. Allez visite non guidée on ze blog.... Et toujours accompagnés de nos petits vélos (beaucoup moins polluants que les bus des japonais...)
Angkor Vat, le plus connu
Ta Phrom, où la jungle reprend ses droits sur l'homme
Bayon, où les 216 visages énigmatiques de Bodhisativa Avalokiteshvara
Angkor Thom, la ville et ses entrées démesurées... et ses couchers de soleil superbes.
Ta Som, où la jungle est décidément plus forte que l'homme
Banteay Srei, le temple aux sculptures les plus fines
Kbal Spean, la rivière sculptée, un petit havre de paix.
Siem Reap et Angkor sont aussi la ligne d'arrivée de notre périple à vélo. Voilà, cést fini... Nous vendons nos "Motachie" avec regret après presque 1900 kms parcourus ensemble sur les routes du Vietnam et du Cambodge. Nous redevenons des touristes "classiques"...
Next Note : Battambang
... Enfin arrivés à Sihanoukville pour quelques jours, un peu plus tranquilles et visiter la région. Sihanoukville est LA station balnéaire du Cambodge, et son développement à coup de bulldozers est affolant. Dans 10 ans, la ville aura certainement bien changée.
Même si les touristes affluent, il reste encore des coins de plages plus tranquilles où faire du vélo sur les longues étendues de sable blanc fut un plaisir.
Ah oui, le premier Pastis en presque 10 mois ça se fête non ??? Et avec une cigarette Alain Delon, si ça, c'est pas la classe mondiale ??!! Et oui, les vestiges de la vieille France au Cambodge.
Nous sommes également partis quelques temps sur une île, Bamboo Island, Kho Russei en khmer. Un petit paradis tropical encore peu développé, loin des îles thaïlandaises surpeuplées. Un petit bungalow en bois sur la plage, le bruit des vagues, les palmiers... Chiche me direz vous, mais quand même hyper agréable pour uniformiser le bronzage et éliminer la Virenque touch !
Quelques images :
Next note : Siem Reap et les magnifiques temples d'Angkor...
Bonus : en attendant Angkor, petit clip avec la bière Angkor cette fois... désolé celui de "Angkor un matin" de JJG, que l'on dédit à Nanou pour son anniversaire, est trop loin à uploader. Il faudra se contenter de celui-ci.
Back on the bike., pour notre plus grand plaisir. Récit de quelques jours de vélo de Phnom Penh à Sihanoukville.
1er jour : Phnom Penh - Takeo - 75 kms
Après quelques kilomètres, nous retrouvons le calme de la campagne cambodgienne. Rien à voir avec la sortie de Saigon.
Rien de particulier aujourd'hui, sauf que les courses habituelles en vélo avec les enfants se transforment en course moto surchargée contre vélo.
Alors qui a gagné d'après vous ??!!
A Takeo, petite bourgade endormie, nous passons la soirée avec Jean-Pierre, un français sociologue informaticien (si si ça existe) qui est amoureux de l'Asie et notamment du Cambodge.
2ème jour : Takeo - Kep - 100 kms
Une superbe journée à vélo. Paysages magnifiques et variés, belles rencontres avec la population...
Chaque pause aujourd'hui s'est soldée par un rassemblement de la population curieuse de ces blancs à vélo. Nous sommes devenus de sympathiques bêtes de foire !
Nous rencontrons aussi une jeune fille à vélo qui nous invite à déguster de la canne à sucre dans sa modeste maison dont le raz de chaussée n'est autre que l'étable. Elle nous invite même à déjeuner, nous déclinons l'offre puis regrettons sur la route. L'hospitalité cambodgienne est sans arrière pensée, loin des considérations françaises ou cette phrase "vous restez dîner ?"est parfois dite pour être polie. Peur aussi de s'imposer dans une famille qui ne roule pas sur l'or. Dur choix au final...
On arrive à Kep sur Mer. Nous plongeons immédiatement dans la mer pour un bon bain rafraîchissant après cent kilomètres dans la torpeur. La ville semble morte. Ancienne station balnéaire sous le protectorat français, la ville a été détruite et laissée à l'abandon pendant la guerre civile. Elle renaît paisiblement de ces cendres, dans une atmosphère finalement assez étrange, entre ruines et guesthouses flambant neuves.
3ème jour : Kep - Veal Renh - 80 kms
Etape marquée par un passage dans la ville coloniale et endormie de Kampot, dont nous retiendrons une seule chose : les pâtisseries délicieuses qui font du bien à l'hypoglycémie naissante...
On repart à travers les villages de pêcheurs...
...pour arriver à Veal Renh, ville de transit pas super accueillante.
4eme etape : Veal Renh - Sihanoukville - 50 kms
La journée est marquée par mon premier combat de coqs en Asie du Sud-Est. Certains trouveront cela cruels, c'est vrai, mais cela fait partie de la culture du pays et même de la région. Les cambodgiens sont absolument passionnés par le combat, criants, pariant de l'argent... les coqs ont une espèce d'éperons attachés à l'arrière de chaque patte pour donner des coups mortels à l'adversaire... Et ce qui devait arriver arriva...
Nous arrivons fatigués de cette étape finalement courte à Sihanoukville, la station balnéaire du Cambodge, au bord du Golfe de Siam.
Les rencontres :
- Jean-Pierre, France
Next note : Sihanoukville et les îles.
Quelques jours à Phnom Penh pour se détendre les jambes... La capitale du Cambodge est très loin des villes vietnamiennes, du trafic certes, mais supportable. A mi-chemin entre Ventiane l'endormie et Hanoi la furieuse.
La ville a gardé quelques bâtiments coloniaux de l'époque française, mais finalement assez peu :
La ville possède également quelques temples et palais de toute beauté, notamment le Grand Palais et la Pagode d'Argent et leurs jardins arborés très tranquilles. Seule ombre au tableau : notre cher Napoléon a fait construire un bâtiment à la Française au sein de ces ensembles architecturaux khmers... Ca dénature pas mal le site...
Le bord du fleuve est également un lieu de rencontres et de relaxation :
Phnom Penh est aussi le lieu du fameux S-21, la prison génocidaire des Khmers Rouges. L'ancien lycée avec sa cour centrale et ses frangipaniers où jouaient les enfants a été remplacé par la plus terrible des prisons, sa potence au milieu de la cour et ses cris de souffrance. La visite de ce lieu est difficile et pesante. Le lieu est situé au coeur de la ville. De la vie, on passe à la mort juste en franchissant le mur d'enceinte. 20 000 personnes ont laissé leur vie ici, souvent après tortures, privations... 7 survivants... Les visages des morts sont affichés sur de grands panneaux dans les salles de classe transformées. Tous ces yeux : terrifiés, apeurés, résignes, vides d'émotion ou déjà morts. Les témoignages sont aussi poignants, qu'ils soient du coté des Khmers Rouges ou de l'autre. On ressort. La vie (la ville) succède à la mort (S-21). Nous sommes groggy... On se dit toujours lorsque l'on visite ces endroits génocidaires que c'est la dernière fois, que l'humanité va finir par comprendre... et l'Histoire continue... Le Cambodge doit digérer son histoire douloureuse ou parfois, au sein d'une même famille, les tortionnaires recrutés par les Khmers Rouges, ont du exécutés les leurs...
Changement de sujet : nous rencontrons aussi par hasard Dorothée et Nicolas, qui voyagent également à vélo à travers l'Asie. Le courant passe super bien entre nous quatre, belles rencontres au hasard d'une rue.
Ah oui ! Gainsbourg brûlait les billets de 500 francs, moi, je ne peux que m'essuyer avec des dollars !!
Les rencontres :
- Dorothée et Nicolas, France
Next note : Sur la route de la mer.
Je retrouve les temples bouddhistes à l'architecture si caractéristique que j'avais quitté depuis le Laos.
Nous arrivons enfin à Neak Long où nous devons traverser le Mékong sur un ferry. Au milieu du Mékong, un gars renverse sa charrette pleine de détritus dans le fleuve. Nous sommes choqués. Les autres passagers n'ont même pas réagi, signe que ce genre de pratique doit être quotidienne. Le Mékong est une poubelle, la Terre est une poubelle...
2ème jour : NEAK LONG - KOMPOM CHAM - 75 kms
Nous remontons vers le nord à travers la campagne khmère. Les transports en commun cambodgien sont surtout des minibus pleins à craquer (autant de personnes sur le toit que dans le bus !) ou des remorques tirées par des motos :
Les paysages sont finalement assez variés :
Et toujours nos arrêts jus de canne ou glaces, nouveauté cambodgienne (avec le must : le sandwich à la glace dont les enfants raffolent - main gauche du vendeur ).
Outre les enfants et leurs Hellos incessants, de belles rencontres, comme ce musicien aveugle qui nous a bercé pendant quelques minutes.
A 40 kms de Kampom Cham, nous abdiquons : le vent de face et les 115 kms à parcourir sont trop pour nous. Nous mettons les vélos dans un camion pour avancer un peu avant la nuit. Voyager de nuit reste dangereux au Cambodge.
3ème jour : KOMPOM CHAM - PHNOM PENH - 70 kms
Une grosse journée nous attend : plus de 100 kms de pistes !
A la sortie de Kompom Cham, nous découvrons ce pont de bambous qui semble tenir debout par la force du St Esprit ou de Bouddha !
Nous longeons encore le beau Mékong sur des dizaines de kilomètres. Soudain, le sort s'acharne sur moi. Je crève une fois, je crève deux fois, puis trois. L'énervement commence à se faire sentir. Nous emmenons le vélo chez un réparateur (toujours un pas loin) qui va de ses mains d'or, nous refaire une chambre à air en faisant fondre du caoutchouc sur notre chambre à air trouée. Nous sommes subjugués par le savoir-faire de ces artisans !
Soudain, un papi apparaît et nous parle en français. Nous sommes au milieu de nulle part alors entendre parler français est très surprenant. Il parle encore très bien le français allant même jusqu'à nous réciter une fable de la Fontaine... Et pourtant, son seul moyen de pratiquer la langue est d'écouter Radio France Internationale. Ce papi édenté va nous raconter son histoire personnelle pendant le terrible génocide Khmer Rouge. Fuite de Phnom Penh à pied, destruction des maisons, tueries de familles entières, travail forcé, privation de nourriture (pas de riz). Le régime de Pol Pot lui a fait du mal, et cela semble important pour lui de partager cela avec nous. Le destin : une galère qui s'enchaîne sur une rencontre formidable. Après ces récits douloureux, nous relativisons. Que sont nos problèmes de roues crevées à coté d'un des pire génocide de l'humanité, à l'intérieur d'un même pays et des souffrances de ce peuple ?? Pourtant, si l'on ne connaît pas l'histoire du Cambodge, on pourrait penser que ce peuple est en paix avec lui même tellement la population à l'air sereine et souriante.
Nous ne finirons pas l'étape mais qu'importe, nous sommes là avant tout pour rencontrer des gens et cette rencontre avec ce papi vaut son pesant d'or.
Nous arrivons à Phnom Penh pour recharger les batteries quelques jours.
En aparté, ces batteries servent à la population locale pour l'accès à l'électricité car les petits villages ne sont pas encore reliés par les fils électriques.
Les rencontres :
- Notre papi que nous avons omis de photographier... Dommage.
Next note : Phnom Penh