Par où commencer !!?? En cette année révolutionnaire en raison de la commémoration de l'anniversaire de la naissance de Che Guevara, pourquoi pas commencer par une de ses citations après son voyage à travers l'Amérique du Sud : "Ce voyage m'a changé plus que je ne l'avais envisagé... je ne suis plus le même"...
Alors, oui, des choses ont changé dans ma vie, cependant, certainement pas autant que le défunt "Che" (je n'ai pas encore pris mon billet pour Cuba !). Un an autour du monde, ça change forcément un homme...
Le 1er mai 2007, je ne savais pas ce qui allait se passer, je partais dans l'inconnu, je ne savais pas si j'arriverai à mener ce projet à bien, aller au bout de mon rêve. Un an après, la boucle est bouclée, non sans une certaine fierté, la fierté de quelqu'un qui a réalisé son rêve de jeunesse. Je suis heureux d'avoir pris un soir de novembre 2006 la décision de quitter "métro, boulot, dodo" (enfin, le métro à Laval, c'est pas pour demain quand même...) et d'avoir repris ma liberté totale.
Alors, oui, j'ai changé. Au cours de ces longs mois, j'ai sans doute acquis de l'assurance dans le voyage : les rencontres se sont faites moins hasardeuses, peut-être plus ciblées. La peur de voyager seul s'est estompée puisque l'on se rend compte que l'on est jamais bien seul. La solitude a été très peu pesante, et, personnellement, utiliser ces moments pour lire, écrire, réfléchir, écouter ma musique était plutôt plaisante.
Je pense m'être affirmé dans mes convictions personnelles : écologie, égalité sociale, droit de l'homme, droit à la santé pour tous entre autres. J'ai essayé, notamment à travers ce blog, de faire passer certains messages et de faire "transpirer" ma vision du monde.
Pourtant, il me reste quelques frustrations : ne m'être pas assez mis à l'espagnol ce qui m'a sans doute gâché des discussions endiablées en Amérique du Sud. De plus, l'intégration dans les pays, quand on n'est qu'un simple touriste, ne permet pas toujours d'avoir une compréhension non biaisée de la culture, souvent complexe, soit parce qu'elle est trop fermée, soit parce que l'on vit à coté des locaux et pas forcément avec.
J'ai essayé de donner une image positive du monde, qui regorge de richesses, pour donner envie de partir, d'aller découvrir le monde par ses propres yeux et non plus par l'intermédiaire de blogs, de reportages ou de récits. Mieux comprendre le monde, ses diversités, ses cultures et ses peuples, c'est arrêter d'avoir peur de l'autre, d'avoir peur de l'inconnu et c'est peut-être un moyen de lutter contre le racisme. Pourtant, ce que j'ai vu n'est pas toujours si rose : les réfugiés Tibétains au Népal et en Inde, les tribus réfugiés du Nord de la Thailande non reconnues par le gouvernement thaï qui vivent sans nationalité, la pauvreté parfois extrême en Inde, la pollution par le plastique (entre autres...), la corruption qui tue le développement, le travail des enfants ou leurs vies dans la rue, le non-accès aux soins et aux médicaments, l'absence d'eau potable dans les villages... Et j'en oublie bien sûr. Cela me donne envie d'agir encore plus et de militer en faveur des causes qui me sont chères, principalement l'écologie, l'accès aux soins et aux médicaments essentiels, le développement de médicaments contre les maladies "oubliées" du sud, la défense des droits de l'homme et des peuples, l'éducation et le combat contre la malnutrition... Beaucoup me direz-vous ??!! Yes, of course !!! C'est ma nouvelle direction professionnelle à court et moyen terme.
je n'oublierai pas de si tôt les bons moments, les heures de transport interminables, les fous rires, les soirées endiablées, les rencontres au fil du chemin, les challenges personnels... mais je me suis rendu compte que ces moments sont parfois difficiles à faire partager.
Et ce retour alors ??!! J'ai vécu quelque chose de particulier pendant un an, et tout s'arrête du jour au lendemain. Ca pourrait être déprimant, mais pas vraiment pour moi. Personnellement, j'étais content de me poser un peu (car même si ce sont des vacances, on est loin de la farniente reconstituante tous les jours sur la plage), de revoir amis et famille. Maintenant, j'ai à nouveau envie de repartir, différemment cette fois, mais repartir...
La boucle est bouclée. Aboutissement ou commencement ? On parle souvent du voyage comme d'une drogue. C'est cela que je ressens : l'envie de voir le monde et de continuer à ouvrir mes 5 sens sur quelque chose d'inconnu. Alors, à quand le prochain départ ?
Je vous laisse sur ce proverbe bouddhiste : "Si on cessait d'imaginer un début à tout, on cesserait d'en imaginer la fin". Est-ce applicable au voyage comme à la vie ?
PS : Désolé je n'ai pas de réponse à ceux qui me demandent "Alors, quel pays tu as préféré ??"... !!
Comments
Bravo pour ton blog
Ce dernier article résume bien les grandes valeurs à défendre pour ce 21 ème siècle.
Encore bravo et à lundi