Poursuivant la route 132, nous sommes arrivés à Percé, célèbre pour son immense rocher dans la mer, un peu comme Etretat en Normandie.
Vous l'apercevez ici au loin.
On comptait bien vous en donner quelques clichés de plus près, mais la balade prévue le lundi matin a connu un petit contretemps. Dans la nuit de dimanche à lundi, un énorme orage a éclaté juste au-dessus de notre tente (si, si!!). Forcément, vous ne demandez pas à une tente à 50 dollars d'être aussi performante qu'une maison en pierre. Ce qui devait arriver arriva. Inondation totale et évacuation d'urgence vers la voiture vers 7h du mat'! Ca met de super bonne humeur pour démarrer la journée...
Du coup, Percé et son Rocher, on leur a dit de ne pas nous attendre... Et on a filé faire sécher la tente quelques kilomètres plus loin!!
La carte postale est complètement différente à ce point du voyage. On arrive dans la partie surnommée la Baie des Chaleurs. Au revoir les montagnes, bonjour les marais salants, appelés ici les barachois. Les paysages sont donc un peu moins impressionants, mais pas désagréables non plus.
Les nuages refusant de se disperser, on n'a pas voulu recourir le risque de camper. Du coup, pour oublier les mésaventures de la nuit passée, on s'est même offert une petite escale de luxe!!
Avec la prison d'Ottawa, le Chateau Bahia de Pointe à la Garde est très certainement l'endroit le plus surprenant dans lequel on aura dormi!! Un illuminé s'est en effet mis en tête de construire un véritable petit château de bois au milieu d'une forêt d'érables... Les premières constructions ont commencé en 1983, et d'autres bâtiments continuent de voir le jour. Ils sont fous, ces Québécois!!
Plus loin, la belle vallée de la Matapédia aide à oublier les kilomètres et les nuages...
Le séjour touche malheureusement à sa fin. Il ne nous reste plus que quelques jours. Sur la route qui nous ramène à Montréal, on cherche donc à profiter jusqu'à la fin des derniers timides rayons du soleil et des derniers instants au milieu de nulle part en nature. Parce qu'on sent que le retour à la vie normale risque d'être un peu rude...
Nous avons poursuivi la route 132 (qui fait le tour de la Gaspésie) jusqu'au Parc National de Forillon, à l'extrémité Est de la péninsule gaspésienne. Cette fois-ci, le soleil était de nôtre côté... Et la chance aussi.
Dans la série "elle voit des animaux partout", nous avons en effet observé:
-un porc-épic (pas de photo, désolé, mais c'est pas très glamour de toute façon...)
-une marmotte et ses petits...
- et...
Bon, c'est un peu flou, mais on vous promet que c'est vrai!!
Comme pour notre loup des Rocheuses, ce lynx est sorti de nulle part pour avancer sur le chemin dans notre direction. Il n'était qu'à une trentaine de mètres de nous et a mis plusieurs secondes avant de nous voir et s'enfuir. Nous avons vraiment été très chanceux. Les employés du parc nous ont assuré qu'il était très rare d'en apercevoir car l'animal est extrêmement discret. Nous étions seulement les seconds de la saison à en signaler la présence, et les premiers ne l'avaient aperçu que très furtivement depuis leur voiture. Comme pour le loup, nous étions comme des gosses après l'avoir vu, excités comme des puces et un peu flippés pendant les balades qui suivirent... :-)
Sur le papier, le Parc de Forillon, ça pourrait sembler la routine: des montagnes, des forêts, des lacs, la mer... Pourtant, on n'arrive pas à être blasé. C'est comme si chaque paysage voulait suplanter le précédent. Depuis les sentiers, vous pouvez même admirer les baleines et les phoques qui viennent folâtrer dans la superbe Baie de Gaspé.
Sur quelques kilomètres carrés, la nature offre ainsi un éventail très large de paysages, de la plage à la montagne, en passant par les marais.
Le soir, sur la plage, le ciel s'amuse même à copier les plus belles oeuvres d'Art de nos monuments et musées internationaux:
Du coup, ça donne envie d'apporter sa (petite) contribution:
La nuit donne aussi son lot d'émotions...
A Godbout, nous avons pris un traversier pour aller de l'autre côté du Saint Laurent retrouver Annick et Jean-Jacques, la maman et le beau-père de Joanne en vacances au Québec. Nous avons donc passé ensemble quelques jours, malheureusement assez pluvieux, dans le Parc National de la Gaspésie.
La Gaspésie est une région très sauvage, très escarpée, avec beaucoup de pics de plus de 1000 mètres. Autant dire que les balades n'étaient pas toujours de tout repos...... mais les panoramas du sommet faisaient immédiatement oublier les heures de marche qui avaient précédé:
Les litres de sueurs versés donnaient apparamment le droit de dresser son petit autel personnel au sommet: Encore une fois, on se sent tout petit face à l'immensité des paysages qui nous entourent...Cette fois-ci, nous n'avons pas eu beaucoup de chance avec les animaux. Ceux-ci restaient invisibles. Ils n'étaient pourtant sans doute pas très loin...
On se demande d'ailleurs parfois comment les orignaux parviennent à se dissimuler des regards, vu la taille imposante de ces bestiaux:
Annick et Jean-Jacques ont d'ailleurs apparemment eu plus de chance pendant la suite de leur voyage, à en croire cette petite photo qu'ils nous ont envoyée:
Bref, question bébètes, on est un peu restés sur notre faim!
Mais l'heure de la revanche allait bientôt sonner!On ne pouvait pas passer six mois au Canada et revenir sans avoir vu d'ours... Comme ceux-ci ne montrent pas le bout de leur truffe lorsque nous nous promenons (ce qui n'est peut-être pas si mal quand on y réfléchit bien...), nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes. Nous sommes allés les observer directement en forêt avec un guide qui les côtoie depuis près de quinze ans. Nous avons donc pu voir évoluer une bonne dizaine d'ours sauvages à quelques mètres de nous pendant près de trois heures.
Difficile de ne pas penser aux peluches de notre enfance... Cependant, une petite voix (la maturité?) nous suggère quand même de ne pas trop s'y fier... ;-)
Malgré leur taille imposante, on a halluciné de voir de quelle manière ils apparaissent et disparaissent comme par enchantement dans la nature. Ca veut sans doute dire qu'on est passés parfois tout près d'eux en randonnée sans jamais s'en rendre comte... Gloups!
Après le très touristique village de Tadoussac (réputé pour ses observations de baleines), nous avons longé le fleuve Saint Laurent sur sa rive Nord. Plus on monte, et plus on sent que l'homme est infiniment petit dans cet immense univers de montagnes, de forêts et de lacs.
Nous sommes finalement arrivés dans le petit village de Godbout qui nous a absolument charmés par sa tranquilité et ses paysages renversants.
Godbout est finalement assez symbolique de ce qui marque en premier les Européens qui arrivent au Canada: vous avez de l'espace autour de vous!! Vous vous sentez libres, en phase avec ce qui vous entoure. C'est un sentiment très difficile à expliquer avec des mots, mais sur lequel tous les gens qui viennent ici se mettent d'accord. C'est même souvent le sujet principal de conversation (avec la gentillesse et la simplicité des gens)...
Très naïvement, on s'imaginait qu'après l'hiver enneigé qu'on avait eu on allait avoir un été très ensoleillé. Que nenni. Les sols étant gorgés d'eau depuis la fonte des neiges, il suffit d'un ou deux jours de grosse chaleur pour créer un orage et plusieurs jours de pluie... qui retombent dans les sols... Etc. Etc. Du coup, on a parfois du mal à croire qu'on est en Juillet...
On en viendrait presque parfois à espérer qu'une force supérieure vienne à notre aide...
Heureusement, même sous une chape de nuages, le ciel reste de toute beauté.
Reste que humidité + chaleur = temps idéal pour les moustiques, qui pullulent donc deux fois plus que d'habitude... C'est un véritable enfer, on est attaqué de partout. Chaque matin, on fait le bilan des piqûres... On en a comptées plus d'une quinzaine sur une seule main!!!
Ces petits vampires voraces sont partout. C'est presque devenu une véritable obsession.
On a quand même profité des quelques rayons de soleil pour faire de jolies balades... et de drôles de rencontres!
On profite des quelques jours de beau temps pour faire du camping dans le très joli Parc National de la Mauricie, au Nord de Montréal. Au menu, balades en forêt et sur les magnifiques lacs de la région. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le décor est inspirant. On s'est donc amusé à donner des titres à connotation littéraire aux photos ci-dessous. A vous de retrouver à quelles oeuvres ces titres font un clin d'oeil...
Commençons par un Erratum. Dans une note précédente, on a dit que la province du Nouveau Brunswick avait presque la superficie de la France avec une population dix fois moindre. Il fallait plutôt lire "cent fois moindre", c'est à dire environ 600 000 habitants (à peu près la population d'une gross ville). On ne se moquera plus jamais de la Creuse... :-)
Bref, Jérôme ayant obtenu une accréditation presse pour le très réputé Festival International de Jazz, nous sommes revenus passer quelques jours ensoleillés sur Montréal. Nous avons cette fois logé chez Daredjane et Elsa, des amies québecoises que nous avions rencontrées en Mars dernier, par l'intermédiaire d'un ami angevin de passage sur Montréal. On les remercie encore toutes les deux pour leur hospitalité et leur gentillesse!!
Tout le monde nous avait prévenus, le Festival de Jazz, c'est une véritable institution à Montréal! La ville grouille de monde, de jour comme de nuit...
Et on ne met pas longtemps à comprendre ce qui fait autant bouger les gens...
... et Montréal a à nouveau l'opportunité de prouver l'étonnante curiosité de ses habitants:
Les noms les plus connus du jazz et des autres musiques se battent donc pour venir jouer devant l'un des meilleurs publics du monde. Du coup, on a repris une dose de supers concerts (Alice Russell, SoCalled, Papa Groove, Mr Something Something, Melingo, et quelques autres ci-dessous...).
La boucle est (presque) bouclée puisqu'on a retrouvé Chuck D de Public Enemy, croisé à Paris juste avant de venir au Québéc en Février dernier.
Joanne est allée applaudir la gigantesque Aretha Franklin.
Très bon concert des Belges déjantés de Zita Swoon...
Avouons qu'il est très agréable de vivre le Festival avec une accréditation... Outre l'entrée gratuite aux concerts, la vue depuis le balcon du luxueux Hôtel Hyatt valait vraiment son pesant de cacahuètes...
Montréal restera décidément notre coup de coeur du séjour. On se sent tellement bien dans cette ville que c'est à chaque fois un peu déprimant d'en partir...
Une petite parenthèse dans le récit de nos aventures s'impose. Nous sommes presque partis depuis six mois, et nous sommes souvent sur la route comme vous avez pu vous en rendre compte... Vous imaginez donc bien que l'auto radio turbine à plein régime. On a par conséquent eu envie de partager avec vous quelques uns de nos coups de coeur qui nous ont accompagnés pendant tous ces kilomètres.
Voici six morceaux (un par mois) qu'on a nous-mêmes découverts ici, au fil des rencontres avec des artistes ou des labels. La plupart ne sont pas (ou mal) distribués en Europe, on voulait donc leur filer ce petit coup de pouce!
1- GATINEAU - Le Freak De Montréal
Gatineau est un groupe de hip hop montréalais complètement barré, comme vous prévient le titre du morceau! Seb, le MC, est une sorte de Busta Rhymes québecois (bonne chance pour capter les textes): il assure comme un dingue derrière le micro. On l'a vu sur la scène des soirées "Rap Maudit", où des MC's viennent rapper leurs textes, accompagnés par une batterie et une contrebasse.
http://www.myspace.com/gatineau
Mercis: Seb de GATINEAU, Khyro des soirées "Rap Maudit", Scott Da Ros du label Endemik
2- ELIZABETH SHEPHERD TRIO - Just Getting By
On a rencontré Elizabeth à Toronto où elle donnait un concert dans un bar où elle a ses habitudes... La demoiselle est un personnage, du genre à commander une Guiness à la serveuse qui passe, juste après avoir annoncé une reprise du répertoire classique de Gabriel Fauré. Bref, du jazz qui swingue comme on l'aime... Un nouvel album a dû sortir en Mai dernier, mais ce titre est tiré de son premier album, plébiscité entre autres par Gilles Peterson (célèbre journaliste musical anglais).
http://www.myspace.com/elizabethshepherd
Mercis: Elizabeth Shepherd
3- FLOYD LAWSON & THE HEARTS OF STONE - Only Takes A Minute
Floyd Lawson a sorti un premier disque sur une sous-division de Motown au début des 70's et pouvait légitimement s'attendre à faire une belle carrière sur le mythique label de soul. Or, le contrat qu'on lui a proposé pour le second opus lui a semblé une arnaque, il a donc refusé de le signer. Quelques années plus tard, Lawson décide d'autoproduire un disque de reprises muclées pour envoyer aux programmateurs de salles et trouver des concerts. Près de trente ans plus tard, ce disque devenu mythique auprès des collectionneurs de soul/funk est réédité par le label montréalais Afrokats, et on les remercie bien bas!! Vous connaissez peut-être déjà ce titre: l'original date de 1975 et était signé par Tavarès, et le boys band anglais Take That en a déjà fait une reprise (un peu moins jouissive quand même) au milieu des 90's.
http://www.myspace.com/floydlawsonandtheheartsofstone
http://www.myspace.com/afrokats
Merci: Dj Kobal et Ilya d'Afrokats
4- THE DEATH SET - Around The World
C'est sans doute le disque que vous trouverez le plus facilement en France puisqu'il est sorti sur Counter Records, la sous-division rock du label Ninja Tune. Une sorte de punk/surf garage joué avec des vieux claviers et des machines. Le morceau qu'on se passe à fond les ballons lorsqu'on fait des pointes à 115 km/h avec la Ford Escort!!!
http://www.myspace.com/thedeathset
Mercis: Tash et Jeff de Ninja Tune
5- PAPA GROOVE - We're Not Blind
On a découvert ce groupe grâce au label Afrokats (voir ci-dessus) qui doit prochainement sortir un 45-Tours de Papa Groove. Du coup, on est allés les voir en concert lors du Festival de Jazz de Montréal. The Souljazz Orchestra pourrait bien n'être que le haut de l'iceberg de la scène afro beat canadienne. Papa Groove porte en tout cas furieusement son nom. Attendez-vous à l'entendre souvent dans les soirées à notre retour... Pour info, le premier album de ces Montréalais vient tout juste de sortir sur le label Anubis.
http://www.myspace.com/papagrooveband
Mercis: Cédric d'Anubis et le groupe Papa Groove
6- FLAVIO KURT - Walderez Waldereia
Peut-être notre morceau préféré du séjour! On ne sait pas grand chose de l'artiste. Ce morceau est issu d'une compilation intitulée "Obsession", éditée par l'excellent label montréalais Bully Records. Le disque rassemble d'obscurs groupes psychédéliques brésiliens, péruviens, argentins, turcs ou indiens, enregistrés à la fin des 60's/début des 70's, histoire de montrer que le rock n'a pas existé qu'aux USA et en Europe. Ce morceau de Flavio Kurt aurait quoi qu'il en soit pu être enregistré par notre Nino Ferrer au mieux de sa forme! On appelle ça un tube!!
http://www.myspace.com/bullyrecords
Mercis: Marco de Bully Records
Sur le chemin du retour, nous avons donc retraversé le Nouveau Brunswick en longeant un bout de la côte Nord. Nous nous sommes arrêtés dans le sympathique village de Bouctouche. Finalement, c'est près de la mer qu'on était le moins attaqués par ces #%µk de moustiques!! Du coup, on a profité de la jolie plage et de la dune de Bouctouche où s'abritent des dizaines d'espèces d'oiseaux.
Bon, ok, y a des gens qui se baignent (ils sont fous ces Acadiens!!). Nous, on s'est trempés le bout des orteils, quand on vu nos pieds devenir tout bleus, on s'est dit qu'on allait en rester là.