J'atterris pour la première fois à Entebbe en Avril 2009 pour mes "R&R" (rest and relax). Je me suis décidé quelques heures seulement avant de partir. Pas de préparation, je pars à l'arrache complet. J'arrive dans ce havre de paix au bord du Lac Victoria. Ce lac aux dimensions hors normes entoure complètement la ville.
Je trouve un hôtel et me pose à la terrasse. En quelques secondes, je semble vivre le "cauchemar de Darwin", ce documentaire controverse d'Hubert Sauper. Mes oreilles s'égarent dans la conversation de mes voisins. Des Russes, bedonnants et alcooliques, entourés de filles de joie, font leur programme de la semaine : Europe, Somalie, Russie et parlent d'argent, de beaucoup d'argent... Ce film raconte le commerce de la perche du Nil autour du lac Victoria, qui arrive sur les marchés européens sous couvert de trafic d'armes ou autres réjouissances en tout genre vers les pays d'Afrique de l'Est.
L'Ouganda me fait revivre. Le climat est parfait, les couleurs fantastiques : le bleu du ciel se marie à merveille avec le rouge des routes de latérite et des verts diverses et variés de la végétation luxuriante. C'est en sortant de Juba que l'on se rend compte que finalement vivre au Sud Soudan n'est pas si simple. La population vit de la pêche et du tourisme ici. Les bords du lac font le bonheur des oiseaux en tout genre.
Je retourne à Entebbe quelques mois plus tard, en Septembre avec mes collègues de travail pour une escapade d'un week-end prolongé, et en Octobre après mon refus de prolonger un contrat avec les Nations Unies pour "bureaucratie insupportable et contraire à mes principes".
A peine arrivé, je retrouve des amis rencontrés quelques semaines avant dans un bar. La tête commence à tourner sévèrement... après seulement une seule bière ?? Louche... Le lendemain, j'ai l'impression d'avoir pris un cocktail de toutes les drogues existantes sur la terre. Je frissonne sous mes trois couvertures, claque des dents, vomit. Je prends peur, Hilda, ma copine ougandaise, prend également peur et m'emmène à la clinique du coin. Paludisme confirmé. Jamais deux sans trois dit le dicton, il se vérifie encore une fois. Plus de 40 de fièvre, je comprends mieux mon état maintenant. J'ai l'impression que les infirmières m'administrent tout ce qu'elles ont en stock dans leur pharmacie : piqûres dans l'arrière train (bien sur à la vue des autres patients, la pudeur semble inexistante dans cet endroit, mais je m'en fous), injections en tout genre, perfusion. Le médecin me garde en observation pour que je puisse me reposer soit disant. je n'ai rien contre, mais entre le marteau piqueur du voisin qui résonne dans ma tête, les enfants qui crient de douleur, le passage de dizaine de personnes à la demi-heure dans la minuscule pièce où je suis allongé, le repos est tout simplement impossible... Deux jours plus tard, je suis à nouveau sur pied. Le paludisme est une saloperie qui continue à tuer un million d'enfants par an en Afrique. Scary...
Cap à l'est...
PART 2/2 : APRES LA PLUIE LE BEAU TEMPS
Les bons moments ont finalement une fin. La pluie d’étoiles se transforme en pluie tout court. Que dis-je, en tempête. En quelques minutes, un vent violent se lève suivi de fortes pluies… La nuit à la belle étoile sera plus courte que prévu. Je me réfugie dans ma tente (enfin le garde-manger) pour éviter que le tout s’envole. Déjà des objets divers et variés sont projetés de toutes parts. La tente tangue dangereusement, la pluie rentre… De l’intérieur, trempé, essayant de protéger mon sac du mieux que je peux, je me pose les pires questions. Est-ce un ouragan ? La tente va-t-elle tenir ? Est-ce que je ne vais pas m’envoler avec ? Alors que je pense que le reste de l’équipe est toujours à mes côtés, essayant comme moi de maintenir la tente sur le sol, je m’aperçois que je ne suis plus que tout seul avec Boniface, qui occupe la tente d’à côté !!! Les autres ont levé le camp depuis des lustres ! Au petit matin, lors d’une courte accalmie, je passe la tête dehors et prends la direction du restaurant délabré de l’hôtel qui ressemble finalement à un camp de réfugiés avec des faux airs de l’hôtel de « Shining ». Toit percé, affaires éparpillées partout, sol détrempé …. Nos plans sur la comète de racheter l’endroit, de le rénover, s’évanouissent presque d’un coup !
Après un petit déjeuner réparateur à base de chapatis trop gras et de poisson froid (si si), une accalmie nous permet de partir en balade le long de la plage. Le bord du lac est peuplé d’une faune très riche qui vole dans le ciel toujours très chargé : flamants roses, goélands, hérons, grues, j’en passe et des meilleurs (enfin je dis ça car je connais pas leur petit nom !).
Une partie de l'équipe PSF :
Le temps se dégage enfin et le soleil apparait, de plus en plus fort. Nous poursuivons la balade à l’intérieur de l’île : sable, palmiers et villages formés de tukuls sommaires mais qui bizarrement résistent sans problème aux tempêtes. Y-sont-forts-ces-Turkanas.
Au fur et à mesure de notre avancée, le groupe de turkanas qui nous accompagne s’allonge sans cesse, et c’est l’occasion de mini-partie de foot avec une balle en reste de fil de coton tressé, de danses et de chants endiablées avec les gosses…. Ah décidément, ce coin a vraiment des airs de paradis !
PART 1 : LE CALME AVANT LA TEMPETE…
« PSF fait du camping » : tout un programme ! Nous, mes collègues et néanmoins amis et moi-même, profitons du week-end pascal prolongé pour nous changer les idées au bord du Lac Turkana, au nord du Kenya, pas très loin de notre base de Lokichoggio. Nous partons donc de bonne heure et de bonne humeur à travers les paysages arides, ponctués de quelques chameaux, termitières géantes et collines escarpées.
Après 5 heures de route, le lac enfin… qui finalement avec les vagues qui bercent son rivage fait plus penser à une mer. Les Turkanas s’affairent à l’élevage et à la pêche, revenu vital dans ce coin du Kenya particulièrement touché par les problèmes alimentaires et la pauvreté. Nous profitons de la traversée du premier groupe vers notre presqu’île pour essayer de mettre une branlée aux dames, aux jeunes locaux à l’ombre d’une cahute (enfin non, se faire mettre une branlée est plus appropriée) et explorer les environs. Déjà, les enfants turkanas nous entourent et la magie de l’écran digital des appareils photos réapparait.
Après deux heures d’attente et... début d’angoisse (le bateau ne revenant pas de cette mer agitée), nous traversons ce bout de lac pour arriver dans un petit coin de paradis. Une lagune, un hôtel quelque peu délabré mais plein de charme, une vue de dingue, perche du Nil de 26kg acheté pour peanuts… Après le rush de la montée de nos tentes, nous nous précipitons dans l’eau brûlante, bientôt suivis par quelques douzaines de jeunes Turkanas intrigués par ces blancs becs débarquant de nulle part. Le coin, tout en étant paradisiaque, reste finalement peu accessible. Un paradis sauvage et typique tout simplement, où le tourisme n’a pas anéanti la vie paisible et traditionnelle des Turkanas. Tout ce que j’aime. Apéritif de bières surchauffées dans le lac, coucher de soleil magnifique, soirée à la bougie, pleine lune, nuit à la belle étoile sous une voie lactée particulièrement incroyable ce soir, en écoutant Beirut en boucle…
Je reprends un matatu pour monter plus au sud tout en descendant dans la vallée du Rift si vous me suivez. Nakuru : tout le monde descend. Ca fait des années et des années que je veux visiter ce parc national, en fait depuis ma première venue au Kenya. Le lendemain matin, alors que le soleil n’a pas encore montré le bout de son nez, j’embarque pour un safari au cœur du Nakuru National Park. Les flamants sont malheureusement absents (en migration) ce qui me fait une bonne excuse pour revenir plus tard ! Tour photographique, let’s go :
Le lendemain, je pars grimper le volcan proche de Nakuru. Une longue randonnée de cinq heures de transpiration sous le soleil de plomb pour arriver à une vue splendide sur les coulées de lave noirâtre, les couleurs d’ocre et de vert, le cratère immense, la vue à l’infini et les aigles planant…
Ici comme dans tout le Kenya, Obama est une star… Les T-shirts sont souvent les plus dignes objets de « culte », mais au hasard d’une balade, je tombe sur un chauffeur à vélo (moyen de transport en pleine croissance depuis les émeutes postélectorales de 2008, chômage oblige…), dont le vélo sera collector dans quelques années ! Enorme !!
Fin des vacances. Matatu pour Nairobi, avion pour Juba : retour au travail…
Accompagné de mon Giant, certes poussiéreux et grinçant mais toujours d’attaque, je repars à la conquête de la vallée du Rift, autour cette fois du Lac Naivasha. Les serres qui s’allongent à l’infini pour fournir le marché européen de fleurs épanouies par ce climat propice à prix défiant toute concurrence, les oiseaux innombrables, les papyrus géants sur les berges, des abeilles qui butinent, les aigles qui pèchent, le marché local, les chapatis et le poisson frit. La douceur de vivre en résumé.
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Soudain, en promenade méritée au milieu du lac, ce dernier se transforme d'un coup d'un seul en une masse bleue pure qui s'étend à l'infini. En quelques secondes, je me retrouve à des milliers de kilomètres d'ici, au milieu du Lac Titicaca. La même pureté, le même bleu éclatant. ! Que lindo !
Je poursuis mon chemin plus à l'intérieur des terres, où l'on retrouve l'Afrique des cartes postales, les girafes et les zèbres qui se baladent au bord de la route, les paysages grillés sous le soleil de plomb.... et les flamants roses venus migrer ici pour quelques mois avant de reprendre le chemin de Nakuru.
Enfin, le repos du guerrier de la fin de journée : un bar, une Tusker, un bouquin, le soleil qui se couche...et un hippo qui sort de l'eau pour paître tranquillement. Incroyable, à quelques mètres du bar !
Il est déjà l'heure de prendre le matatu pour Nakuru...
Next note : Nakuru
Afrique, Kenya, la Vallée du Rift, un des berceaux de l’Humanité… Et Hell’s Gate : la porte de l’enfer… Tout un programme ! J’enfourche mon VTT Giant grinçant et débute mon exploration de ce parc national à coup de pédales. Un des parcs nationaux au Kenya où l'on peut affronter la savane sur une petite reine.
L’endroit est complètement désert. L’Afrique, mon vélo, les animaux, les canyons et moi… C’est tout… pour mon plus grand bonheur.
La montagne fume de toute part, signe de l'activité volcanique de la vallée du Rift. Des geysers pullulent et crachent les vapeurs des entrailles de la terre.
Alors est-ce une bonne idée d’avoir voulu parcourir ce parc à vélo ?? La question se pose. Au bout d’une demi-heure, je me retrouve à grimper des collines sans fin les roues enfoncées dans le sable et la latérite poudreuse. Dur dur… Je ne compte même plus les montées et descentes de vélo, trempé de sueur et couvert de poussière rouge. Les zèbres semblent me prendre pour un fou avec les airs ahuris. En ne prenant pas le chemin classique court et simple, j’ai décuplé la difficulté mais un peu surestimé ma condition physique : Les milliers de kilomètres à vélo d’Asie du Sud-Est sont très loin ! Mais quels paysages ! No regret…
A midi, je me pose épuisé sous un arbre près d’un camp… Surgit alors une masse énorme et poilue qui fonce vers moi… Les rangers situés pas très loin du camp courent et crient. Je prends au départ la bête pour un ours, c’est dire mes connaissances animalières !! La bête, à un mètre de moi, prend mon sac (qui contient absolument tout, de mon passeport à mon appareil photo) et commence à faire quelques pas pour se faire la malle. Heureusement, le rangers arrive à temps et, à coup de bâton, fait lâcher prise. Un babouin mâle adulte ! Belle bête ! J’imagine déjà ma déclaration de vol au poste de police de Naivasha : « Soupçonnez-vous quelqu’un pour le vol de votre sac ? », « Oui, oui, l’individu est très poilu, pousse des cris bizarres et vit dans le canyon de Hell’s Gate ! ».
Gazelles de Thompson, impalas, antilopes diverses et variées, zèbres, girafes, phacochères, buffles. Les rencontres avec les habitants des lieux se déroulent au milieu des canyons du parc. La présence des buffles au milieu de la route n’est pas rassurante : Seul, je ne connais rien de ces monstres. J’y vais, j’y vais pas. Je finis par me lancer, la peur au ventre de ma faire charger. Ouf, ça passe.
L’ambiance de fin d’après midi est bien particulière… Derrière moi, le soleil commence sa descente… Devant moi, l’orage gronde et le ciel est ténébreux… Hell’s Gate : je comprends enfin…
Next note : Naivasha Lake, Kenya
J’ai toujours aimé les personnages un peu fous. Le Roi Lalibela est de ceux-là… La légende éthiopienne raconte qu’à son retour d’un voyage en Terre Sainte, il décida de créer le Jérusalem africain dans son fief, ce petit hameau perdu au milieu des montagnes qui porte aujourd’hui son nom... Lalibela... Tout cela au XIIème et XIIème siècle de notre ère...
A Lalibela, j’ai découvert un trésor… non pardon, des trésors. Onze trésors. Onze églises creusées, sculptées dans la pierre. Un travail titanesque dont on ne peut se rendre compte que sur place. Ces églises ont traversé les siècles et demeurent dans un état de conservation spectaculaire. Aujourd’hui, Lalibela est un centre de pèlerinage majeur pour les Éthiopiens. A chaque Noël (7 janvier ici, ouais, je sais y'a plus de saison...), des milliers de pèlerins venus des quatre coins du pays se pressent aux portes des églises. J’arrive quelques jours avant la date officielle, mais indubitablement, le lancement du pèlerinage 2009 (enfin 2001 pour les Éthiopiens... Ouais je sais y'a plus de saison mon bon monsieur...) a déjà commencé. La foule a envahi ces lieux saints, et chaque jour, elle croit et croit.
Lalibela est photogénique à souhait. Je reste des heures à contempler ces merveilles architecturales, à m’imprégner de cette ambiance si particulière que je n’avais plus ressenti depuis l’Inde. La ferveur des pèlerins est totale. La foi de ces gens qui ont fait des kilomètres et des kilomètres, armés de leur bâton, de leur habits blancs délavés et de leur gourde d'eau, souvent nus pieds, est tout simplement impressionnante... A pied, en bus, ils affluent vers ce lieu mythique et mystique... En quête de mieux tout simplement.
Il faut quand même remercier l'Europe pour avoir recouvert ces chefs d'œuvre d'abominables chapeaux d'acier et de toile. Berk...
Que dire de plus, laissons parler les images :
Mais l'erreur reste humaine. Si proche de Dieu soit-il, le Roi Lalibela fait une erreur : Il ne construit aucune église pour St Georges, le saint patron des Ethiopiens... La légende (ouais je sais y'a beaucoup de légende dans mon récit...) dit que St Georges, sur son cheval, est venu voir le Roi Lalibela, qui tout penaud, a lancé la construction de la dernière église, BET GIYORGIS, en hommage à St Georges comme son nom l'indique. Un chef d'œuvre tout simplement... Selon les cérémonies qui s'y déroulent, le site est tour a tour envahi de pèlerins, puis soudainement quasiment désert. Et chaque fois, la même impression de perfection transpire...
Autour de Lalibela, d'autres églises ont également été construites, soit creusées dans le roc, soit intégrées dans la montagne. Je pars donc pour une longue balade dans ces montagnes pour aller visiter Na'Akuto La'ab, construite dans une cave naturelle. Là également, la prière et le recueillement sont de rigueur.
Mon réveillon pour la nouvelle année 2009 aura été bien particulier. Accompagné de Thibout, de Robert et de Philip, des amis rencontrés sur la route, je me retrouve à boire du Tej, le vin de miel, boisson typiquement éthiopienne dans un bar traditionnel où la danseuse nous invite tour à tour sur le dance floor de terre battue sous le rythme des instruments locaux... Les rires gras de nos amis locaux ne se font guère attendre ! L'occidental n'a décidément pas le rythme et le style pour les danses éthiopiennes !! L'électricité ne nous accompagnera pas vers la nouvelle année, mais finalement, ça ne manque pas. Incroyablement, la bière et Tej aidant, nous tenons le coup jusqu'à minuit, chose rare ici car les Éthiopiens se couchent vraiment tôt. Pour eux, le 1er janvier 2009, 0 h 00, ne représente rien. En Éthiopie, nous sommes en avril 2001, et il est 6 h... (ouais je sais y'a plus de saison ma p'tite dame). Les Tavernier locaux s'impatientant, il est tant de partir ! J'avais par contre oublié les 2 kms pour rentrer chez moi... dans le noir et la solitude absolue... Non, à peine : les chiens se ruent vers moi, m'aboient dessus... Je leur lance pierre sur pierre pour qu'ils partent de mon chemin.... 2009 commence par une bonne montée d'adrénaline !!
Propre, reposé, je reprends la route vers le nord, à quelques kilomètres de la frontière avec l’ennemi de l’Ethiopie, l’Erythrée. La route construite par les Italiens lors de la courte invasion est magnifique. Des montées et descentes vers les lowlands vertigineuses, à quelques pas du ravin, tout cela sur une piste de terre. Je comprends pourquoi les Éthiopiens sont très pratiquants... Je retrouve dans le bus Thibout, un Belge, déjà rencontré à Bahir Dar et au fin fond des montagnes. Small world again !! Le bus est un condensé d’Ethiopie. Ma voisine de couloir n’est autre qu’une… chèvre ! Elle essaie même de bouffer mon livre (enfin le livre de Kalcha...) !! Pauses innombrables pour charger et décharger les lourdes cargaisons, cheik points omniprésents dans cette région troublée, poussière, chaleur … Après 11 heures de transport chaotique, j’arrive enfin à AKSUM. Terminus... Tout le monde descend.
Aksum fut le
centre d’un empire très important qui commerçait déjà avec les Arabes, les Européens, les Indiens et les Chinois entre le IIème et le VIIème siècle après
J.C. Les régnants se sont mis dans la tête de construire des stèles géantes en signe de pouvoir. Certaines ne purent tenir debout, et gisent fracassées sur le sol, mais d'autres restent dressées, majestueuses. Des tombes sombres complètent le site.
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Pour apprécier Aksum, il faut avoir de l’imagination. Comment ces hommes ont-ils pu déplacer ces blocs de pierre de plus de 500 tonnes sur une petite dizaine de kilomètres ?? Le mystère reste à ce jour entier.
Aksum est également un centre religieux important : Hallie Sallasié, l'empereur addulé des Ethiopiens et des adeptes du Rastafarisme (Jah !!), a construit la plus importante (mais pas la plus belle) église orthodoxe d'Ethiopie. La chance est avec moi : une célébration regroupant des moines et prêtres a lieu et les chants n'en finissent plus tant dans la nouvelle église que dans l'ancien monastère, beaucoup plus inspirant photographiquement :
Le plus vieux parchemin d'Ethiopie :
En fin de compte, la ville me semble fade... A part les fameux paniers éthiopiens qui colorent parfois la ville, Aksum finalement me laisse un peu indifférent et ne m'emballe pas.
Il est temps de partir pour Lalibela... joyau méconnu de l'Afrique.
25 décembre 2008, 5 heures du mat' : Joyeux Noël ! Ça faisait longtemps, très longtemps que je ne m'étais pas réveillé de si bonne heure le jour de Noël ! La nuit fut agitée, non pas par l'excitation de Noël, mais plutôt par des présences féminines à mes côtés : des puces ! Mon lit en était infesté... Des piqûres sur tout le corps. Bref, il était temps de partir. Nous prenons la route de Debark avec mes camarades trekkeurs, Marjorie et Jeremy. Les locaux s'agitent déjà à transporter bois, eaux et marchandises ou à se détendre en jouant au ping-pong alors que le jour est à peine levé.
Debark : quartier général du Simien Mountains National Park : départ du trek. J'attends cela avec une grande impatience (l'occasion de faire du sport est plutôt rare au Sud Soudan)... mais avec une légère angoisse : Ma cheville va-t-elle tenir le choc ?? Une semaine auparavant, je marchais dans les rues de Juba avec des béquilles (made in Handicap International, qui ont gagné ainsi un bénéficiaire !) suite à une chute stupide qui m'a tordue sévèrement la cheville. Quitte ou double... Je pars... accompagné d'Alex, notre guide, et de Lacos, un Ranger, armé de sa carabine, censés nous protéger des dangers du coin (Tu bluffes Marconi !!?? private joke).
Le paysage est déjà splendide, j'ose à peine imaginer la suite. Nous marchons 7 heures jusqu'à Geech Camp. En chemin, les montagnes se couvrent de jaune d'or, nous rencontrons les habitants des montagnes, ces gens enclavés, isolés, à la vie vraiment dure, qui s'affèrent à la récolte du tef, cette céréale typiquement éthiopienne qui sert à la fabrication du sacro-saint plat national : l'injera. Nous rencontrons aussi les babouins gelada, les babouins "au cœur qui saignent". Créature vraiment intéressante que ces babouins, pas farouche, la couleur et l'intensité du rouge sur leurs torses sont des signes de leur forme sexuelle. Pratique finalement ! résumé en image :
Premier arrêt bien mérité,nous sommes déjà à 3600 mètres. Un bon petit repas, du vin éthiopien pour fêter Noël (pas si mal finalement), du thé au gingembre pour se réchauffer... Et on file dans nos tentes et sacs de couchage pour trouver un peu de chaleur. La température a chuté dans le négatif.
Le lendemain, nous repartons pour continuer notre route vers IMET GOGO, 3950 mètres, un point de vue fascinant et vertigineux sur les Lowlands, ça y est, j'en suis convaincu, les Simien Mountains sont magnifiques.
Après une nuit toujours plus fraîche, on retrouve nos amis les singes accompagnés d'une autre espèce endémique des Simien, le Walia Ibex, une sorte de croisement entre Bambi et une chèvre, qui accompagne les babouins... une mère poule quoi !
A travers rocailles, pierres qui sont autant de dangers pour ma cheville, nous arrivons essoufflés et fatigués en haut d'un des plus hauts sommets d'Éthiopie, le Mont Bwahit, à 4450 mètres pour une belle récompense : une vue à 360° sur les montagnes à perte de vue. Le retour au camp est finalement plus dur que la montée. Nous sommes à plat...
La dernière journée du trek sera plus tranquille. Nous partons visiter un village où nous sommes accueillis par les enfants et leurs traditionnels "faranji faranji !!". Une famille nous accueille dans la modeste hutte familiale. Une forte odeur envahit mes poumons... Un mélange de fumée, d'encens et d'odeurs animales fortes... Les animaux dorment à l'intérieur de la hutte, juste en dessous du plancher servant de lit pour 8 personnes. La chaleur humaine et animale réunies sous le même toit ! Le noir est presque total à l'intérieur. La jeune fille fait successivement griller le café puis les pois qui servent d'apéritif, puis sert les trois cafés forts et délicieux à la fois. Le tout est un peu irréel à vrai dire. La saleté des enfants, leur peau asséchée par la rigueur du climat, le manque de tout... Des airs de Germinal africain. Nous laissons nos hôtes à leurs tâches millénaires : s'occuper des animaux, récolter l'injera, cuisiner, aller chercher l'eau, discuter...
Il est temps de repartir à Debark pour une douche qui fait le plus grand bien... et repenser à ces quatre journées inoubliables au milieu des montagnes éthiopiennes.
Cap encore plus sur le nord. Je quitte le Lac Tana et le plateau éthiopien pour m’enfoncer peu à peu dans les montagnes très scéniques autour de Gonder.
Gonder : cette charmante cité médiévale pourrait facilement être située en Europe. L'ancien roi Fasiladas et ses successeurs ont bâti ici l'épicentre d'un important royaume au XVIIème siècle, et les châteaux toujours debout pour la plupart témoignent de la richesse du passé.
Je découvre même un autre mariage entre le minéral et le végétal dans les bains de Faliladas.
Outre les châteaux, Gonder possède une église absolument magnifique, la Debre Berhan Selassie Chruch... Un endroit envoutant avec ses peintures au plafond dans un état de conservation exceptionnelle et ces dizaines de regards qui nous observent d'en haut.
Et la ville alors ?? Bahir Dar m'avait laissé un peu de marbre, les grandes avenues propettes ne sont pas forcément à mon goût. A Gonder, point de cela... Routes tordues reflétant le relief contrasté aux alentours, animations dans les rues, vie locale pittoresque. J'aime... Petites tranches de vie à Gonder en photos :
Big up pour Obama : Après le Kenya, le Soudan, l'Éthiopie est aussi à fond dans la Obamania.
Rues et arbres géants :
Pendant que des millions d'occidentaux s'afféraient à acheter des millions de cadeaux à leurs proches pour offrir à Noël en ce 24 décembre 2008, les Éthiopiens font... rien ! Malgré le christianisme orthodoxe majoritaire en Éthiopie, les Éthiopiens fêtent Noël le 7 janvier... Donc je cherche désespérément des signes pour me rattacher à Noël... Presque vainement. Seul ce jeune homme vend des guirlandes :
Je fête donc le réveillon de Noël avec Guillaume et Babet, un couple de français en vadrouille en Afrique de l'Est pour quelques mois. Rencontre par hasard.. Mais marrante : Guillaume est né le même jour que moi et est aussi pharmacien ! La soirée du réveillon se passe autour de quelques bières (le top of the top pour l'occasion, la fameuse Meta Premium !) et de spaghettis.
A 10 heures, au lit... Demain debout à 5 heures du mat' pour aller découvrir les Simien Moutains...
Aujourd'hui, les voyages sont accessibles à tous si l'on a la santé, les moyens matériels et surtout l'envie. Grand voyageur,... read more
on Kenya : LAKE TURKANA (Part 1/2)